06.09.2011
Crise grecque
Depuis le début de la crise de la dette grecque, je soutiens mordicus que nous devons rester solidaires et que, pour protéger l’Union et la zone Euro, nous devons tous produire les efforts nécessaires, que laisser sortir la Grèce de l’euro serait une catastrophe, etc. Je reste persuadé de tout cela, mais…
Persuadé parce que nos économies étant tellement interconnectées, nos banques détenant tant de créances (en euro) sur les institutions grecques, un retour à la drachme serait aussi dommageable qu’une cessation de paiement : la sortie de l’euro ferait exploser l’inflation grecque, réduisant à la fois les patrimoines à peau de chagrin et les capacités de rembourser les dettes contractées en euro à néant ! De facto, la Grèce serait en cessation de paiement avant de pouvoir compter sur la faiblesse relative de sa monnaie pour engendrer une hypothétique inversion de sa balance commerciale.
Pour s’en sortir, elle a besoin de nous, de nos capacités d’emprunt, de notre solidarité. Mais elle doit aussi produire des efforts gigantesques et impopulaires pour rétablir une situation de droit à l’intérieur de ses frontières : réduire les avantages indus de certains, prendre des mesures d’économies drastiques et faire entrer l’argent des impôts dans les caisses. Les efforts conjoints des parties devraient permettre non seulement de convaincre les marchés de l’efficacité du plan de sauvetage mais, surtout, de mener au succès puis, de redonner confiance aux Grecs eux-mêmes.
Malheureusement, on vient d’apprendre que les Grecs ne traduisent pas leurs promesses en actes ; ils ne font pas leur part du boulot. Dès lors, on peut raisonnablement se demander si les pays de la zone ne devraient pas prendre, eux, des mesures strictes afin de sauver l’ensemble de notre modèle et si, pour être clair, contraindre la Grèce à sortir de l’euro ne serait pas une mesure de saine gestion.
Qu’on aille dans cette voie ou non, si la Grèce ne produit pas les efforts qui lui incombent afin de rétablir une situation dans laquelle elle s’est mise (presque) toute seule, nos banques enregistreront de lourdes pertes sur cette dette « pourrie ». Mais si nous continuons à laisser les gouvernements grecs successifs se moquer du monde, et de nous en l’occurrence, nous perdrons nous aussi toute crédibilité et nous mettrons nos économies en danger. Le doute s’est donc installé dans mon esprit…
11:42 Écrit par Laurent Scholaers dans Economie, Géopolitique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, grèce, dette, solidarité, europe, zone euro, finances, marchés |
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